Marchés brésiliens : l’Ibovespa surveille les PMI, second tour Flávio vs Lula, le pétrole recule – 05 octobre 2026

Résumé d’ouverture

Les actifs brésiliens ouvrent la semaine sous la double influence d’une course présidentielle extrêmement polarisée et d’un calendrier macroéconomique chargé. Le premier tour des élections de 2026 a abouti à l’écart le plus réduit de l’histoire récente du Brésil entre le président sortant Luiz Inácio Lula da Silva et le sénateur Flávio Bolsonaro, ouvrant la voie à un second tour au couteau que les marchés perçoivent actuellement comme légèrement favorable au candidat d’opposition.

Parallèlement, le sentiment de risque global reste ancré aux anticipations de taux d’intérêt américains et aux données d’activité à venir, tandis que les investisseurs locaux digèrent les nouvelles lectures des PMI (indices des directeurs d’achats) et l’enquête hebdomadaire Focus auprès des économistes. Pour les investisseurs étrangers, les thèmes clés du jour sont : (1) comment les marchés revalorisent le risque politique brésilien après la performance supérieure aux sondages de Flávio Bolsonaro ; (2) ce que la composition évolutive du Congrès implique pour la capacité de réforme ; et (3) comment la dynamique du pétrole et des taux américains se recoupe avec les actions, le FX et la dette brésilienne.

Principales actualités

1. Élections 2026 : Flávio vs Lula dans le second tour le plus serré de l’histoire

Le sujet central pour les marchés brésiliens aujourd’hui est le résultat du premier tour de l’élection présidentielle de 2026 et la réaction immédiate du marché.

Flávio Bolsonaro devance Lula au premier tour

Avec 100 % des bulletins dépouillés, le sénateur Flávio Bolsonaro (PL – Parti libéral) a terminé le premier tour légèrement devant le président Lula (PT – Parti des travailleurs), dans ce qui est décrit comme le résultat de premier tour le plus serré depuis le retour du Brésil à la démocratie. Selon Money Times, Flávio a obtenu 56 104 503 voix, tandis que Lula a recueilli plus de 53 millions de voix (chiffre exact non encore indiqué dans le résumé, mais impliquant un écart d’environ 3 millions de voix).

Ce résultat contredit une grande partie des sondages préélectoraux, qui montraient généralement Lula en tête ou au moins au coude-à-coude avec Flávio. La surprise à la hausse pour Flávio est interprétée comme un signal que la dynamique de la droite reste forte, en particulier dans des États clés comme São Paulo et certaines régions du Sud-Est et du Centre-Ouest.

Pourquoi cela compte pour les investisseurs :

  • Orientation des politiques : Les marchés considèrent généralement la famille Bolsonaro et ses alliés comme plus favorables au marché en matière de réformes budgétaires et structurelles (privatisations, déréglementation), bien qu’avec certaines inquiétudes sur le plan institutionnel. Lula, dans son mandat actuel, est associé à une posture budgétaire plus expansionniste et à un rôle plus fort de l’État dans l’économie.
  • Revalorisation du risque politique : La surprise du premier tour réduit la probabilité d’une large victoire de Lula et augmente la probabilité d’une administration de centre droit à partir de 2027. Cela tend à soutenir les actions, en particulier les entreprises contrôlées par l’État, et le BRL à court terme.
  • Incertitude autour du second tour : La marge étroite implique un second tour extrêmement contentieux, ce qui peut accroître la volatilité du FX et des taux à mesure que les sondages et les événements de campagne font évoluer les attentes.

Des analystes interrogés par Reuters, cités par Money Times, s’attendent à ce que les marchés brésiliens ouvrent en hausse lundi (5 octobre) en réaction à la performance de Flávio par rapport aux sondages. La logique : des chances réduites d’un mix de politiques plus interventionniste et une probabilité accrue d’une équipe économique plus orthodoxe si Flávio l’emporte.

Réaction des marchés : un rallye de soulagement attendu

Le “rallye de soulagement” anticipé devrait être le plus visible sur :

  • Actions : Les entreprises publiques (SOEs) comme Petrobras et Banco do Brasil réagissent souvent positivement lorsque le marché intègre la perspective d’une administration plus favorable au marché. Les secteurs cycliques liés à la demande domestique peuvent également bénéficier d’une compression des primes de risque.
  • FX : Le réal brésilien (BRL) a tendance à s’apprécier lorsque le risque politique diminue ou lorsque les marchés anticipent une consolidation budgétaire. Un BRL plus fort peut, à son tour, atténuer les pressions d’inflation importée.
  • Taux : Les obligations locales de longue maturité peuvent se raffermir si les investisseurs anticipent une posture budgétaire plus conservatrice, réduisant la prime de risque intégrée dans la courbe des taux.

Cependant, le second tour reste trop serré pour qu’on puisse trancher, et tout rallye initial pourrait être inversé si les sondages se resserrent ou si la rhétorique politique s’intensifie. La volatilité autour des gros titres politiques restera probablement élevée jusqu’au vote du second tour.

2. Paysage politique : Congrès, partis et stratégies de campagne

Au-delà de la course présidentielle, plusieurs évolutions politiques façonnent l’environnement de politique économique plus large, en particulier la composition du Congrès et les stratégies des deux campagnes à l’approche du second tour.

Le PSOL en dessous de la “cláusula de barreira” (seuil électoral)

Le parti de gauche PSOL (Partido Socialismo e Liberdade), même en fédération avec le parti centriste Rede, n’a pas atteint la “cláusula de barreira” (seuil électoral) dans neuf États, selon Brasil 247. Ce seuil est une règle qui fixe des critères de performance minimale pour les partis (en termes de voix ou de sièges) afin d’accéder au financement public (Fundo Partidário) et au temps gratuit de campagne à la télévision et à la radio.

Pourquoi c’est important :

  • Financement et visibilité : Ne pas atteindre le seuil compromet l’accès du PSOL aux fonds publics et à la propagande gratuite à partir de 2027, ce qui pourrait affaiblir l’une des principales forces de gauche situées à la gauche du PT.
  • Fragmentation : Un PSOL affaibli pourrait réduire la pression idéologique sur Lula venant de la gauche, donnant à une future administration Lula un peu plus de marge pour négocier des compromis centristes. À l’inverse, cela pourrait aussi pousser le PSOL à adopter des tactiques plus confrontationales en dehors des canaux institutionnels.
  • Dynamiques de coalition : Dans le Congrès brésilien, très fragmenté, les petits partis jouent souvent un rôle pivot dans la formation de coalitions. Les changements dans leur financement et leur force peuvent modifier le calcul législatif pour les réformes, les privatisations et les mesures budgétaires.

Virage à droite au Sénat et agenda de réforme du travail

Selon Brasil 247, l’avancée des candidats de droite au Sénat menace la viabilité d’un projet de loi visant à mettre fin à “l’escala 6×1” – un régime de travail où les salariés peuvent être programmés pour six jours consécutifs de travail suivis d’un jour de repos. Les alliés du gouvernement estiment désormais qu’il existe peu de marge politique pour faire avancer cette proposition et s’attendent à ce que la direction du Sénat (notamment Davi Alcolumbre) renonce à la mettre au vote à court terme.

Implications pour les investisseurs :

  • Coûts du travail : Le maintien du régime 6×1 est généralement considéré comme favorable aux employeurs, en particulier dans des secteurs comme le commerce de détail, les services et l’industrie où le travail posté est courant. Un Sénat plus conservateur réduit la probabilité d’augmentations des coûts du travail via des changements législatifs.
  • Capacité de réforme : Un Sénat orienté à droite est plus susceptible de soutenir des réformes pro-entreprises, mais pourrait aussi résister à certaines initiatives sociales et redistributives de l’exécutif, ce qui pourrait conduire à une impasse politique si Lula reste au pouvoir.

Stratégies de campagne pour le second tour

L’issue du second tour dépendra de la manière dont les deux camps élargiront leurs coalitions et mobiliseront les électeurs qui se sont abstenus ou ont soutenu d’autres candidats.

Brasil 247 rapporte que le gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas (un allié clé de Bolsonaro et ancien ministre des Infrastructures), se rend à Brasília pour coordonner la campagne de second tour de Flávio Bolsonaro. Tarcísio pourrait mettre son équipe de marketing et de communication au service de Flávio, apportant une infrastructure de campagne professionnalisée et renforçant potentiellement l’attrait de l’opposition auprès des électeurs modérés et orientés vers les affaires.

Du côté de Lula, les analystes soulignent la nécessité d’une “frente ampla” (large front). Felipe Nunes, directeur de l’institut de sondage Quaest, a déclaré à Brasil 247 que Lula devra :

  • Reconquérir les électeurs déçus qui le soutenaient auparavant mais se sont détournés ou abstenus ;
  • Élargir ses alliances vers des figures centristes et de centre droit ; et
  • Mobiliser le large réservoir d’abstentionnistes du premier tour.

Un commentaire connexe de Brasil 247 note que la voie de Lula vers la victoire implique à la fois de réduire l’abstention et de cibler les électeurs qui ont choisi Flávio au premier tour mais expriment une préférence pour des figures plus modérées comme Geraldo Alckmin (l’actuel vice-président de Lula). Ces électeurs de centre droit “modérés” pourraient être décisifs.

Pourquoi cela compte pour les marchés :

  • Signaux de coalition : La capacité de Lula ou de Flávio à signaler de manière crédible des coalitions larges et modérées (y compris des équipes économiques technocratiques) influencera les primes de risque. Les investisseurs surveilleront les soutiens des gouverneurs, des partis centristes et des dirigeants d’entreprise.
  • Agenda législatif : L’équilibre final des forces au Congrès, combiné au vainqueur de la présidentielle, déterminera la faisabilité de la réforme fiscale, de la réforme administrative et des changements au plafond des dépenses ou au cadre budgétaire.

Figures parlementaires notables : Nikolas et les nouveaux députés de gauche

Sur le plan législatif, le député de droite Nikolas Ferreira (PL-MG) est devenu le député fédéral le plus voté de l’histoire du Brésil, avec 3,119 millions de voix, selon Brasil 247. Un autre candidat du PL, Lucas Pavanato, a également dépassé la barre des 3 millions de voix. Cela souligne la force de la vague conservatrice dans le Minas Gerais et l’attrait des politiciens portés par les réseaux sociaux.

Parallèlement, à gauche, l’historien du PSOL Jones Manoel a été élu député fédéral du Pernambouc avec 249 077 voix et a immédiatement annoncé son intention de se présenter à la présidentielle lors d’un futur scrutin, comme le rapporte Brasil 247. La candidate du PT Liana Cirne Lins a également remporté un siège de députée fédérale pour le Pernambouc et s’est engagée à se consacrer à la campagne de second tour de Lula, selon Brasil 247.

Ces résultats individuels comptent moins pour la politique macroéconomique à court terme, mais illustrent la polarisation idéologique et le renouvellement générationnel au Congrès, ce qui peut influencer le ton des débats sur les privatisations, la fiscalité et la régulation.

3. Macro et marchés : PMI, enquête Focus et sentiment de risque global

Si la politique domine les gros titres, les données macroéconomiques et les conditions globales continuent de façonner les prix des actifs.

L’Ibovespa ouvre la semaine focalisée sur les PMI et l’ISM des services américains

Selon Money Times, l’Ibovespa commence la semaine avec des investisseurs qui surveillent de près une série de PMI des services et composites (indices des directeurs d’achats) pour la zone euro, le Royaume-Uni, le Brésil et les États-Unis, ainsi que l’indice ISM des services américain. Les PMI sont des indicateurs avancés de l’activité des entreprises ; des lectures au-dessus de 50 indiquent une expansion, en dessous de 50 une contraction.

Pour le Brésil, les PMI des services et composites fournissent une mesure en temps quasi réel de la demande domestique et des conditions d’emploi, particulièrement pertinente compte tenu de la grande part du secteur des services dans le PIB. Pour les investisseurs globaux, l’indice ISM des services américain est un élément clé des anticipations concernant la Réserve fédérale, influençant les rendements des Treasuries américains et, par ricochet, l’appétit pour le risque sur les marchés émergents.

Parallèlement, InfoMoney note que l’enquête hebdomadaire Focus (une enquête de la Banque centrale auprès des économistes de marché) figure à l’agenda. L’enquête Focus consolide les anticipations d’inflation, de croissance du PIB, de taux d’intérêt (Selic) et de taux de change. Toute révision à la hausse des anticipations d’inflation ou à la baisse des prévisions de croissance pourrait influencer la communication de la Banque centrale et la tarification par le marché de la trajectoire de politique monétaire.

Futures américains stables, la Fed et les Treasuries au centre de l’attention

Sur le plan international, InfoMoney rapporte que les contrats à terme sur actions américaines évoluent près de l’équilibre, les investisseurs restant concentrés sur les communications de la Réserve fédérale et les mouvements des rendements des Treasuries américains. Des rendements américains plus élevés exercent généralement une pression sur les actifs des marchés émergents, y compris le Brésil, via :


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